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Bienvenue sur Capleymar

Bienvenue sur le Blog de Capleymar-Homoalpinus

Par delà les montagnes, la pensée...
 

Ce blog est destiné à l'expression d'idées, d'opinions, de révoltes, tout type d'information ou de réflexion politiquement correct ou incorrect, à condition que le respect de l'individu soit toujours préservé, les propos racistes ou portant atteinte à la dignité de l'individu sont considérés comme irrecevables.mad
 

L'objectif de ce carnet virtuel est d'échanger des émotions, des critiques, des points de vue, des renseignements, des suggestions, etc. sur le monde auquel nous appartenons.

 

Pour éviter la confusion et faciliter la navigation, nous proposons des thèmes d'expressions divers ; politique, culture, nature, etc. Nous sommes également ouverts à toute suggestion...

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Les 3 dernières nouvelles

#hope - le 26/03/2020 18:13 par Capleymar

Plus d'eau verte et moins d'eau bleue dans les Alpes - le 07/02/2020 13:28 par Capleymar

Plus d'eau verte et moins d'eau bleue dans les Alpes pendant les étés chauds

blue-green-water.jpg

Résumé

Le changement climatique peut réduire l'approvisionnement en eau de surface en augmentant l'évapotranspiration dans les montagnes boisées, en particulier pendant les vagues de chaleur. L'étude du  "drought paradox" (paradoxe de la sécheresse) pour les Alpes européennes utilise une base de données de 1 212 stations et des simulations écohydrologiques à haute résolution pour quantifier les flux d'eau bleue (ruissellement) et verte (évapotranspiration).

Pendant la canicule de 2003, l'évapotranspiration dans de grandes zones des Alpes a été supérieure à la moyenne malgré de faibles précipitations, amplifiant le déficit de ruissellement de 32 % dans les zones les plus productives (1 300 à 3 000 m au-dessus du niveau de la mer).

Une augmentation de la température de l'air de 3 °C pourrait accroître l'évapotranspiration annuelle de 100 mm (45 mm en moyenne), ce qui réduirait le ruissellement annuel à un rythme similaire à une diminution de 3 % des précipitations. Cela suggère que les rétroactions de l'eau verte - qui sont souvent mal représentées dans les simulations de modèles à grande échelle - constituent une menace supplémentaire pour les ressources en eau, en particulier lors des étés secs.

Malgré l'incertitude quant à la validation de la modélisation écohydrologique à haute résolution avec les observations, cette approche permet des prévisions plus réalistes de la disponibilité en eau des régions montagneuses.

Voir l'article sur Nature

https://www.nature.com/articles/s41558-019-0676-5

Lire la suite

Plus d'eau verte et moins d'eau bleue dans les Alpes pendant les étés chauds

blue-green-water.jpg

Résumé

Le changement climatique peut réduire l'approvisionnement en eau de surface en augmentant l'évapotranspiration dans les montagnes boisées, en particulier pendant les vagues de chaleur. L'étude du  "drought paradox" (paradoxe de la sécheresse) pour les Alpes européennes utilise une base de données de 1 212 stations et des simulations écohydrologiques à haute résolution pour quantifier les flux d'eau bleue (ruissellement) et verte (évapotranspiration).

Pendant la canicule de 2003, l'évapotranspiration dans de grandes zones des Alpes a été supérieure à la moyenne malgré de faibles précipitations, amplifiant le déficit de ruissellement de 32 % dans les zones les plus productives (1 300 à 3 000 m au-dessus du niveau de la mer).

Une augmentation de la température de l'air de 3 °C pourrait accroître l'évapotranspiration annuelle de 100 mm (45 mm en moyenne), ce qui réduirait le ruissellement annuel à un rythme similaire à une diminution de 3 % des précipitations. Cela suggère que les rétroactions de l'eau verte - qui sont souvent mal représentées dans les simulations de modèles à grande échelle - constituent une menace supplémentaire pour les ressources en eau, en particulier lors des étés secs.

Malgré l'incertitude quant à la validation de la modélisation écohydrologique à haute résolution avec les observations, cette approche permet des prévisions plus réalistes de la disponibilité en eau des régions montagneuses.

Voir l'article sur Nature

https://www.nature.com/articles/s41558-019-0676-5

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Bonne année 2020 - le 01/01/2020 00:16 par Capleymar

Les 3 derniers billets

LE TOURISME ALPIN A L’HEURE DU VIRUS. (Entretien à la CIPRA)

La crise que nous vivons actuellement met finalement en exergue les questions récurrentes soulevées par la fréquentation touristique en général et en particulier dans les territoires alpins.

Vars_arret.jpg

En effet, le problème fondamental réside dans l’équilibre entre une fréquentation intensive dans les grandes stations de sports d’hiver mettant en péril l’équilibre écologique et un nombre de visiteurs insuffisant à faire vivre certaines zones alpines. Le géographe, Werner Bätzing, étudie depuis longtemps ce phénomène au travers de deux communes situés aux deux extrémités de la chaine, Sambuco dans le Piémont (Italie) et Bad Gastein dans le land de Salzbourg (Autriche)

La crise du Covid-19 ayant entrainé la fermeture prématurée des stations de sports d’hiver, comment alors penser l’avenir touristique, une des sources de revenus majeures de l’arc alpin ?

La question a été posée à Stefanie Pfahl qui dirige le département du tourisme et des sports de la BMU, le ministère fédéral allemand de l'Environnement, de la conservation de la nature et de la sûreté nucléaire.

Le deuxième expert interrogé est Christian Baumgartner. Il enseigne et recherche sur le tourisme durable à l'Université des Grisons / CH et est vice-président de CIPRA International.

L’entretien a été conduit par Michael Gams et Paul Froning représentants de la CIPRA.

La promiscuité dans les grandes stations à l’instar des zones urbanisées est un terreau pour cette maladie. C’est une des dérives du tourisme intensif moderne pense Christian Baumgartner.

Les médias allemands ont qualifié certaines stations alpines, fréquentées par une majorité de touristes allemands, de véritables « nids » à Coronavirus. Stéfanie Pfal considère que c’est un phénomène tellement nouveau que l’on peut se demander si les règles de sécurité sanitaire ont été respectées. Par ailleurs, ce qui s’est déroulé dans le Tyrol n’a pas été complètement éclairci, mais est-ce vraiment utile ? Les autorités ont attendu la dernière minute pour fermer les stations, ignorant les symptômes manifestes de la maladie de leurs employés. Les intérêts économiques ont clairement prévalu sur les intérêts sanitaires.

Les stations de sports d’hiver dans le Tyrol songeaient à rouvrir à la mi-mai, mais le public a déjà compris qu’il faudrait sans doute davantage de temps pour pouvoir se déplacer de nouveau en toute liberté et que peut-être il ne pourrait retrouver ce qu’il aimait faire avant l’arrivée du virus.

Quoi qu’il en soit il faudra veiller au respect de l’environnement.

Donc, les questions qui devaient être soulevées lors de la conférence du BMU (Bundesministerium für Umvelt) sur la durabilité du tourisme de plein air, initialement prévue au mois de mai et reportée à l’automne ou à l’année prochaine, prendront en considération les effets de la pandémie.

Nos deux intervenants s’accordent sur le fait que le tourisme de plein air même après la crise du Covid-19 devra répondre à deux exigences :

  • -          Les activités sportives de plein air devront être gérées judicieusement pour limiter leur impact sur l’environnement
  • -          Par ailleurs, c'est bien sûr un pilier économique vital que l’on ne peut pas négliger et donc la question de la crise économique générée par le Coronavirus sera à prendre en considération.

Comment peut-on alors concevoir le tourisme de plein air comme un pilier économique en limitant en même temps l’utilisation des ressources naturelles et environnementales ?

Christian Baumgartner évoque la crise de 2009/2010/2011 pendant laquelle les territoires engagés dans un « tourisme doux » ont été moins frappés par la crise que les grands centres touristiques.

Les clients se montraient plus fidèles et revenaient plus souvent à l’occasion de leurs congés.

De manière générale, la diversification des activités économiques peut représenter une solution, car une concentration supérieure à la moyenne de l’économie régionale dans un secteur unique, en l’occurrence le tourisme, a un impact considérable en situation de crise. Le tourisme doit faire partie d’un développement régional, et répondre à des orientations bien définies.

Actuellement, en raison de la crise, beaucoup d’entreprises ne survivront pas, en particulier les plus petites. Le tourisme international des voyagistes va subir un grand déclin. Mais avec des aides de l’État, le tourisme interne et transfrontalier peut repartir. L’aspect culturel devra être développé, de sorte que la région puisse vivre toute l’année en mettant en valeur et préservant dans le même temps son patrimoine.

Il faudra quoi qu’il en soit adopter une approche régionale globale en prenant en compte différents paramètres comme « la consommation électrique, la mobilité touristique et d’autres domaines pertinents tels que l’agriculture et la biodiversité ». « L’objectif doit être d’axer la politique d’aide sur des interventions en réseau, viables et à long terme en faveur d’un tourisme hivernal ou quatre saisons durable, et de conserver la valeur ajoutée sur le territoire ».

Cette crise sanitaire pourrait être l’occasion de tendre vers un rééquilibrage géographique et économique des activités dans l’arc alpin en permettant aux différentes régions de se développer harmonieusement.

Alpentourismus in der Coronakrise (podcast)

Coronavirus : le tourisme alpin frappé de plein fouet

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LE TOURISME ALPIN A L’HEURE DU VIRUS. (Entretien à la CIPRA)

La crise que nous vivons actuellement met finalement en exergue les questions récurrentes soulevées par la fréquentation touristique en général et en particulier dans les territoires alpins.

Vars_arret.jpg

En effet, le problème fondamental réside dans l’équilibre entre une fréquentation intensive dans les grandes stations de sports d’hiver mettant en péril l’équilibre écologique et un nombre de visiteurs insuffisant à faire vivre certaines zones alpines. Le géographe, Werner Bätzing, étudie depuis longtemps ce phénomène au travers de deux communes situés aux deux extrémités de la chaine, Sambuco dans le Piémont (Italie) et Bad Gastein dans le land de Salzbourg (Autriche)

La crise du Covid-19 ayant entrainé la fermeture prématurée des stations de sports d’hiver, comment alors penser l’avenir touristique, une des sources de revenus majeures de l’arc alpin ?

La question a été posée à Stefanie Pfahl qui dirige le département du tourisme et des sports de la BMU, le ministère fédéral allemand de l'Environnement, de la conservation de la nature et de la sûreté nucléaire.

Le deuxième expert interrogé est Christian Baumgartner. Il enseigne et recherche sur le tourisme durable à l'Université des Grisons / CH et est vice-président de CIPRA International.

L’entretien a été conduit par Michael Gams et Paul Froning représentants de la CIPRA.

La promiscuité dans les grandes stations à l’instar des zones urbanisées est un terreau pour cette maladie. C’est une des dérives du tourisme intensif moderne pense Christian Baumgartner.

Les médias allemands ont qualifié certaines stations alpines, fréquentées par une majorité de touristes allemands, de véritables « nids » à Coronavirus. Stéfanie Pfal considère que c’est un phénomène tellement nouveau que l’on peut se demander si les règles de sécurité sanitaire ont été respectées. Par ailleurs, ce qui s’est déroulé dans le Tyrol n’a pas été complètement éclairci, mais est-ce vraiment utile ? Les autorités ont attendu la dernière minute pour fermer les stations, ignorant les symptômes manifestes de la maladie de leurs employés. Les intérêts économiques ont clairement prévalu sur les intérêts sanitaires.

Les stations de sports d’hiver dans le Tyrol songeaient à rouvrir à la mi-mai, mais le public a déjà compris qu’il faudrait sans doute davantage de temps pour pouvoir se déplacer de nouveau en toute liberté et que peut-être il ne pourrait retrouver ce qu’il aimait faire avant l’arrivée du virus.

Quoi qu’il en soit il faudra veiller au respect de l’environnement.

Donc, les questions qui devaient être soulevées lors de la conférence du BMU (Bundesministerium für Umvelt) sur la durabilité du tourisme de plein air, initialement prévue au mois de mai et reportée à l’automne ou à l’année prochaine, prendront en considération les effets de la pandémie.

Nos deux intervenants s’accordent sur le fait que le tourisme de plein air même après la crise du Covid-19 devra répondre à deux exigences :

  • -          Les activités sportives de plein air devront être gérées judicieusement pour limiter leur impact sur l’environnement
  • -          Par ailleurs, c'est bien sûr un pilier économique vital que l’on ne peut pas négliger et donc la question de la crise économique générée par le Coronavirus sera à prendre en considération.

Comment peut-on alors concevoir le tourisme de plein air comme un pilier économique en limitant en même temps l’utilisation des ressources naturelles et environnementales ?

Christian Baumgartner évoque la crise de 2009/2010/2011 pendant laquelle les territoires engagés dans un « tourisme doux » ont été moins frappés par la crise que les grands centres touristiques.

Les clients se montraient plus fidèles et revenaient plus souvent à l’occasion de leurs congés.

De manière générale, la diversification des activités économiques peut représenter une solution, car une concentration supérieure à la moyenne de l’économie régionale dans un secteur unique, en l’occurrence le tourisme, a un impact considérable en situation de crise. Le tourisme doit faire partie d’un développement régional, et répondre à des orientations bien définies.

Actuellement, en raison de la crise, beaucoup d’entreprises ne survivront pas, en particulier les plus petites. Le tourisme international des voyagistes va subir un grand déclin. Mais avec des aides de l’État, le tourisme interne et transfrontalier peut repartir. L’aspect culturel devra être développé, de sorte que la région puisse vivre toute l’année en mettant en valeur et préservant dans le même temps son patrimoine.

Il faudra quoi qu’il en soit adopter une approche régionale globale en prenant en compte différents paramètres comme « la consommation électrique, la mobilité touristique et d’autres domaines pertinents tels que l’agriculture et la biodiversité ». « L’objectif doit être d’axer la politique d’aide sur des interventions en réseau, viables et à long terme en faveur d’un tourisme hivernal ou quatre saisons durable, et de conserver la valeur ajoutée sur le territoire ».

Cette crise sanitaire pourrait être l’occasion de tendre vers un rééquilibrage géographique et économique des activités dans l’arc alpin en permettant aux différentes régions de se développer harmonieusement.

Alpentourismus in der Coronakrise (podcast)

Coronavirus : le tourisme alpin frappé de plein fouet

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Publié le 15/04/2020 15:00  - aucun commentaire -   |     |

Le statut de patrimoine de l’UNESCO est-il un gage de protection  des sites classés ?

Dans la publication du mois de juillet 2019 de la CIPRA, Andreas Riedl, directeur de CIPRA Haut-Adige, pose cette question intéressante, voire préoccupante.

La Grossglockner-Hochalpenstrasse se verra vraisemblablement attribuer bientôt le statut de patrimoine mondial de l’UNESCO. Or, on constate que cette distinction qui est supposée offrir une protection des sites classés, est à l’origine dans bien des cas de dérives liées au tourisme de masse. Ainsi, certains sites des Dolomites par exemple, sont actuellement saturés, voire dégradés par la sur fréquentation touristique.

La promotion des sites bénéficiant de ce statut ne va-t-elle pas à l’encontre de leur conservation ? Qu'adviendra-t-il du site du Mont-Blanc candidat au patrimoine  mondial ou d'autres lieux qui souffrent déjà des effets délétères du tourisme de masse  ?

https://www.cipra.org/fr/nouveautes/se-debarrasser-des-fantomes-de-l2019unesco

https://www.la-croix.com/France/Le-Mont-Blanc-vise-Patrimoine-mondial-lUnesco-2017-10-30-1200888322

Fanes.jpg

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Le statut de patrimoine de l’UNESCO est-il un gage de protection  des sites classés ?

Dans la publication du mois de juillet 2019 de la CIPRA, Andreas Riedl, directeur de CIPRA Haut-Adige, pose cette question intéressante, voire préoccupante.

La Grossglockner-Hochalpenstrasse se verra vraisemblablement attribuer bientôt le statut de patrimoine mondial de l’UNESCO. Or, on constate que cette distinction qui est supposée offrir une protection des sites classés, est à l’origine dans bien des cas de dérives liées au tourisme de masse. Ainsi, certains sites des Dolomites par exemple, sont actuellement saturés, voire dégradés par la sur fréquentation touristique.

La promotion des sites bénéficiant de ce statut ne va-t-elle pas à l’encontre de leur conservation ? Qu'adviendra-t-il du site du Mont-Blanc candidat au patrimoine  mondial ou d'autres lieux qui souffrent déjà des effets délétères du tourisme de masse  ?

https://www.cipra.org/fr/nouveautes/se-debarrasser-des-fantomes-de-l2019unesco

https://www.la-croix.com/France/Le-Mont-Blanc-vise-Patrimoine-mondial-lUnesco-2017-10-30-1200888322

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Publié le 09/08/2019 14:48  - aucun commentaire -   |     |

Le tourisme alpin : une relation contradictoire avec le paysage

Val_d_isere_vanoise.jpg

Dans le numéro 104 de la revue thématique Alpenscène, au titre évocateur «  Le paysage est négociable », la CIPRA (Commission Internationale pour la Protection des Alpes) met en évidence la relation paradoxale du tourisme avec le paysage alpin. Une des vocations principales de la CIPRA consiste précisément à proposer des solutions transnationales pour un développement durable dans les Alpes.

Les Alpes, un univers exotique pour le citadin

« Faire une ascension c’est passer ainsi du monde civilisé à une nature en quelque sorte exotique… » écrit Jean-Paul Guérin.

Pourtant l’homme signale sa présence depuis la fin du quaternaire. Les bergers à la tête de troupeaux d’ovins conquièrent les alpages et avec les progrès technologiques (métallurgie du bronze puis du fer), la pression démographique et la nécessité de se nourrir, de se chauffer, la présence humaine marque fortement son empreinte sur l’environnement. Ainsi les forêts exploitées pour différentes raisons sont façonnées depuis longtemps par l’homme. La culture des céréales en altitude qui constitue une source de nourriture conséquente modèle également le paysage.

Avec l’exode, l’abandon des terres implique une nouvelle modification du milieu naturel et de la faune.

Toujours selon le géographe Jean-Paul Guérin, l’homme et la nature alpine ont évolué concomitamment. Il n’existe pas à proprement parler de nature vierge que l’homme aurait colonisée, mais un paysage « produit - en continu - de l’action de l’homme. » Par ailleurs, la pression de la modernité est très inégale dans l’ensemble des Alpes, certains secteurs sont très urbanisés, tandis que d’autres ne sont plus marqués par l’action humaine depuis des décennies, ce qui ouvre des perspectives nouvelles sans que l’on puisse préjuger d’un équilibre potentiel.

Ainsi le paysage alpin ne se résume-t-il pas à une nature domptée par l’être humain, il revêt tantôt une apparence sauvage, tantôt une configuration par endroit très urbanisée.

Une dimension esthétique des paysages

Au-delà des contingences matérielles qui ont conduit l’homme par nécessité d’adaptation à façonner en partie son milieu naturel, il existe une dimension symbolique dans les paysages de l’arc alpin. Ils naissent de la perception par l’être humain de son environnement. Cette perception varie en fonction de chaque individu, de sa culture, de son histoire.

Toutefois, les normes et valeurs sociales conditionnent notre appréhension du paysage. Les intérêts parfois contradictoires peuvent être source de conflits : protecteurs de l’environnement et adeptes du marketing touristique ne partagent pas toujours des objectifs convergents. Dans de nombreuses régions des Alpes, le tourisme repose sur un paradoxe : les sites naturels et ruraux constituent l’essence de l’activité touristique qui  dans le même temps est grande destructrice de paysages alpins.

La voie de la raison

Face au dérèglement climatique entrainant la pénurie de neige, à l’urbanisation à outrance et ses effets délétères sur l’environnement, la nécessité d’une orientation touristique nouvelle, s’impose. Cette direction innovante, plus respectueuse d’un équilibre entre l’homme et la nature devra être adoptée en concertation avec tous les acteurs du territoire.

À l'inverse des erreurs commises précédemment, il faut pour faire évoluer les mentalités une réelle synergie : les responsables de parcs doivent prendre en compte l’avis et la vie des résidents et les habitants doivent comprendre que leur patrimoine naturel est leur véritable ressource économique, en détruisant leur environnement, ils portent un coup fatal à leur source de revenus.

La série de quatre documentaires passionnants, diffusée du 4 au 7 février derniers sur France Culture dans l’émission LSD, illustre parfaitement au travers de l’histoire du Parc de la Vanoise, la difficulté à concilier des intérêts parfois divergents, mais finalement souvent convergents.

https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/vanoise-un-parc-national-pour-qui-14-quand-un-territoire-devient-parc-national

https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/vanoise-un-parc-national-pour-qui-24-tarentaise-a-la-poursuite-de-lor-blanc

https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/vanoise-un-parc-national-pour-qui-34-haute-maurienne-un-parc-conteste-par-ses-habitants

https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/vanoise-un-parc-national-pour-qui-44-bestiaire-dune-zone-protegee

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Le tourisme alpin : une relation contradictoire avec le paysage

Val_d_isere_vanoise.jpg

Dans le numéro 104 de la revue thématique Alpenscène, au titre évocateur «  Le paysage est négociable », la CIPRA (Commission Internationale pour la Protection des Alpes) met en évidence la relation paradoxale du tourisme avec le paysage alpin. Une des vocations principales de la CIPRA consiste précisément à proposer des solutions transnationales pour un développement durable dans les Alpes.

Les Alpes, un univers exotique pour le citadin

« Faire une ascension c’est passer ainsi du monde civilisé à une nature en quelque sorte exotique… » écrit Jean-Paul Guérin.

Pourtant l’homme signale sa présence depuis la fin du quaternaire. Les bergers à la tête de troupeaux d’ovins conquièrent les alpages et avec les progrès technologiques (métallurgie du bronze puis du fer), la pression démographique et la nécessité de se nourrir, de se chauffer, la présence humaine marque fortement son empreinte sur l’environnement. Ainsi les forêts exploitées pour différentes raisons sont façonnées depuis longtemps par l’homme. La culture des céréales en altitude qui constitue une source de nourriture conséquente modèle également le paysage.

Avec l’exode, l’abandon des terres implique une nouvelle modification du milieu naturel et de la faune.

Toujours selon le géographe Jean-Paul Guérin, l’homme et la nature alpine ont évolué concomitamment. Il n’existe pas à proprement parler de nature vierge que l’homme aurait colonisée, mais un paysage « produit - en continu - de l’action de l’homme. » Par ailleurs, la pression de la modernité est très inégale dans l’ensemble des Alpes, certains secteurs sont très urbanisés, tandis que d’autres ne sont plus marqués par l’action humaine depuis des décennies, ce qui ouvre des perspectives nouvelles sans que l’on puisse préjuger d’un équilibre potentiel.

Ainsi le paysage alpin ne se résume-t-il pas à une nature domptée par l’être humain, il revêt tantôt une apparence sauvage, tantôt une configuration par endroit très urbanisée.

Une dimension esthétique des paysages

Au-delà des contingences matérielles qui ont conduit l’homme par nécessité d’adaptation à façonner en partie son milieu naturel, il existe une dimension symbolique dans les paysages de l’arc alpin. Ils naissent de la perception par l’être humain de son environnement. Cette perception varie en fonction de chaque individu, de sa culture, de son histoire.

Toutefois, les normes et valeurs sociales conditionnent notre appréhension du paysage. Les intérêts parfois contradictoires peuvent être source de conflits : protecteurs de l’environnement et adeptes du marketing touristique ne partagent pas toujours des objectifs convergents. Dans de nombreuses régions des Alpes, le tourisme repose sur un paradoxe : les sites naturels et ruraux constituent l’essence de l’activité touristique qui  dans le même temps est grande destructrice de paysages alpins.

La voie de la raison

Face au dérèglement climatique entrainant la pénurie de neige, à l’urbanisation à outrance et ses effets délétères sur l’environnement, la nécessité d’une orientation touristique nouvelle, s’impose. Cette direction innovante, plus respectueuse d’un équilibre entre l’homme et la nature devra être adoptée en concertation avec tous les acteurs du territoire.

À l'inverse des erreurs commises précédemment, il faut pour faire évoluer les mentalités une réelle synergie : les responsables de parcs doivent prendre en compte l’avis et la vie des résidents et les habitants doivent comprendre que leur patrimoine naturel est leur véritable ressource économique, en détruisant leur environnement, ils portent un coup fatal à leur source de revenus.

La série de quatre documentaires passionnants, diffusée du 4 au 7 février derniers sur France Culture dans l’émission LSD, illustre parfaitement au travers de l’histoire du Parc de la Vanoise, la difficulté à concilier des intérêts parfois divergents, mais finalement souvent convergents.

https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/vanoise-un-parc-national-pour-qui-14-quand-un-territoire-devient-parc-national

https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/vanoise-un-parc-national-pour-qui-24-tarentaise-a-la-poursuite-de-lor-blanc

https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/vanoise-un-parc-national-pour-qui-34-haute-maurienne-un-parc-conteste-par-ses-habitants

https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/vanoise-un-parc-national-pour-qui-44-bestiaire-dune-zone-protegee

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Publié le 22/02/2019 08:58  - aucun commentaire -   |     |