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Blog - Billets du 08/2026

Les paradoxes du Parc

Toute une vie de montagne.

À pied, sur des skis, à vélo, en voiture, nous l’avons bien-là, chevillée au corps.

Nous l’avons connue il y a bien des années, à l’ère du silence, l’époque où l’on pouvait bivouaquer sous la tente ou dans son véhicule, l’époque où les marmottes, les bouquetins, les oiseaux ne revendiquaient aucun droit à la sérénité. Car rien, à part quelque prédateur, ne venait troubler la quiétude des lieux.

Que s’est-il passé en cinquante ans ?

Ce monde confidentiel est devenu populaire. Quoi de plus enthousiasmant que de permettre l’accès au plus grand nombre à cet univers si fascinant ? Et l’engouement pour les sommets suit depuis longtemps maintenant une courbe exponentielle.

Il fallut alors réguler tout ce beau monde qui venait troubler l’harmonie de l’alpe, la création des « parcs naturels » constitua la boite à outil de la gestion humaine de la nature alpine.

La notion de parc évoque intrinsèquement l’idée de clôture, de périmètre défini. Mais la frontière entre ce qui est protégé et ce qui ne l’est pas est souvent ténue. C’est sans doute pourquoi, hors limite du parc, tout est permis, même si à quelques mètres de l’enceinte du temple, le bruit et la fureur n’épargnent rien au monde sacré de la montagne.

Nous voici au cœur du problème…

Un exemple me vient à l’esprit  :

Le camping ou bivouac dans un véhicule est rigoureusement interdit, passible d’une amende de 450 euros, afin de « préserver la tranquillité des lieux et de la faune sauvage, mais aussi « éviter les différentes pollutions associées, organiques et non organiques ». Soit.  Donc, les motos ou les voitures de collection, bien connues pour leur discrétion sonore et leur absence de rejets polluants, qui sillonnent à grande vitesse les routes internes du parc, la route de la Bonette ou celle de la Cayolle par exemple, ne perturbent aucunement la tranquillité des lieux. Les animaux, entre autres marmottes, lièvres et renards, gisant sans vie sur le bitume ne risquent plus guère d’être dérangés…

En résumé, un bivouac paisible constitue un acte grave de délinquance alors que les excès de vitesse et de bruits engendrés par certains véhicules motorisés ne figurent en aucun cas au registre des délits, mais sont au contraire tolérés avec une certaine bienveillance.

Pour conclure ce constat un peu mélancolique…

Les parcs sont devenus des lieux de culte régis par des dogmes parfois liberticides et souvent absurdes, tandis que, pour d’autres la montagne représente un Disneyland institutionnalisé. Existe-t-il un juste milieu ?

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Publié le 03/08/2026 14:43  - aucun commentaire - |     |